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La lave émaillée en Auvergne : un savoir faire artisanal à découvrir au Clos des Laves


Au cœur de l'Auvergne, la pierre volcanique ne se contente pas de façonner les paysages :

elle inspire également un artisanat d'exception, celui de la lave émaillée.

 

Héritière d'un savoir-faire développé au XIXe siècle autour de la pierre de Volvic, cette technique consiste à recouvrir la lave de plusieurs couches d'émaux colorés avant une cuisson à très haute température.

Chaque couleur est appliquée séparément puis cuite, parfois à plusieurs reprises, afin d'obtenir des nuances, des reliefs et une profondeur incomparables.

 

Le résultat est unique : des couleurs éclatantes, une brillance remarquable et une résistance exceptionnelle aux intempéries, au gel et au temps.

 

C'est pourquoi la lave émaillée se retrouve aussi bien sur les plaques de rues anciennes, les tables d'orientation ou les enseignes que dans de véritables œuvres d'art.

 

 

 

Jean Jaffeux (1931-2015), maître émailleur auvergnat et passeur d'un savoir faire qui perdure aujourd'hui

Parmi les grandes figures de cet artisanat figure Jean Jaffeux, artiste et maître émailleur installé à Volvic, qui a largement contribué à faire connaître et rayonner la lave émaillée bien au-delà de l'Auvergne.

 

Peintre et émailleur, Jean Jaffeux consacra plus de 50 ans à cet artisanat d'exception ; avec générosité, il a transmis son savoir faire à plusieurs générations d'artistes, notamment Francois et Marie Lienhard .

Ces derniers, installés à Usson, développèrent un univers très personnel avec beaucoup de poésie dans leurs réalisations (fleurs et oiseaux stylisées,  scènes de villages, couleurs chaudes et personnages naifs).

 

 

Derrière une apparente simplicité se cache pourtant une technique exigeante.

Chaque pièce demande patience et précision.

Le dessin est d'abord réalisé sur la pierre volcanique soigneusement découpée et préparée. Les émaux sont ensuite appliqués à la main avant les différentes cuissons qui révèlent progressivement les couleurs et la profondeur de l'œuvre. 

Cette part d'aléa liée au feu fait que chaque réalisation est véritablement unique.

 


La lave émaillée, un savoir-faire toujours vivant

Si Jean Jaffeux et le couple Lienhard ont marqué l'histoire de la lave émaillée, cet art du feu reste aujourd'hui bien vivant.

 

Autour de Volvic et dans plusieurs communes du Puy-de-Dôme, plusieurs créateurs poursuivent cette activité avec leur propre sensibilité artistique.

Grâce à eux, la lave émaillée continue aujourd'hui de séduire collectionneurs, amateurs d'art et passionnés de patrimoine.

 

Parmi eux, Yann Debuiche perpétue cette tradition, tout en explorant des applications plus contemporaines de la lave émaillée.

 

D'autres applications en dehors des oeuvres décoratives

Au-delà des  interprétations artistiques, la lave trouve aujourd'hui sa place dans de nombreux domaines plus utilitaires : signalétique, mobilier, tables, plans de travail, crédences ou encore aménagements extérieurs.

Ses qualités exceptionnelles de résistance au temps, aux intempéries, au gel et à la chaleur en font un matériau aussi esthétique que durable.

 

À l'heure où de nombreux matériaux sont reproduits industriellement, la lave émaillée conserve un caractère authentique et artisanal.

Chaque pièce est réalisée à partir d'une véritable pierre volcanique dont les particularités rendent chaque création unique.

 

Des œuvres d'art aux réalisations du quotidien, la lave émaillée illustre parfaitement la capacité d'un matériau ancestral à rester d'une étonnante modernité.

Une preuve que cette pierre née des volcans d'Auvergne demeure un matériau résolument actuel au XXIᵉ siècle.

 


Une passion familiale à découvrir au Clos des Laves

 

Mon engouement  pour la lave émaillée  s’est naturellement invité à Chidrac, dans la décoration du gite. 

 

A partir des  années 70, mes parents ont nourri un véritable amour pour les créations en lave émaillée, plutôt poétiques, réalisées à Usson par Marie et François Lienhard.

 

Ils allaient souvent voir ce couple d'artistes dans leur atelier et il leur arrivait de ramener avec eux une des oeuvres à l'esprit naïf et coloré :

  • un petit village leur rappelant celui de Montpeyroux,
  • une petite fille avec une poupée comme clin d'œil à la petite fille que j'étais moi-même à l'époque,
  • des chardons bleus comme nous en avions alors dans le jardin...
  • et plein d'autres

 

Je continue de compléter cette petite collection en chinant ça et là, au point qu'aujourd'hui presque tous les murs du gite ou presque en sont témoins.

Ces pièces n’ont pas tant une valeur matérielle qu’une valeur sentimentale :

elles évoquent des souvenirs, des rencontres et un petit morceau de notre histoire familiale.

 

Sans constituer pour autant un musée, le Clos des Laves permet ainsi à mes hôtes  de découvrir quelques expressions de cet artisanat emblématique, preuve du lien qui unit notre famille à l'Auvergne et ses volcans.

 

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Patrice (samedi, 20 juin 2026 18:23)

    Bravo pour votre article qui met en valeur ce beau patrimoine auvergnat et cette passion pour la pierre de lave. ���